Jacky Mamou, président du Collectif Urgence Darfour
Le Collectif Urgence Darfour appelle le gouvernement français à intervenir immédiatement afin d'obtenir du régime soudanais qu'il cesse le blocus de l'immense camp de Kalma (Sud Darfour) imposé depuis le 2 août.
Par Huguette Chomski Magnis, Vice-présidente du Collectif Urgence Darfour
Le 12 juillet le Collectif Urgence Darfour réagissait à l'inculpation pour génocide du président soudanais Omar El-Béchir en titrant : "la communauté internationale maintenant face à ses responsabilités pour l'application du mandat d'arrêt". En validantla requête du procureur Luis Moreno-Ocampo, par la mise en accusation d'Omar El Béchir pour trois chefs de génocide à l’encontre des groupes ethniques des Four, Masalit et Zaghawa, les magistrats de la Cour Pénale Internationale (CPI) prenaient une décision courageuse, apportant une formidable reconnaissance aux Darfouris chassés de leurs terres, peuple aux 300 000 morts, aux femmes systématiquement violées et aux ressources massivement détruites. En défendant le droit international, ils s'opposaient frontalement aux partisans du statu quo, c'est à dire du triomphe de l'impunité.Où en est-on deux semaines plus tard ?Comment la communauté internationale s’est-elle acquittée de sa tâche ? Comme toujours il faut séparer la paille des mots du grain des choses.
En validant la requête du procureur Luis Moreno-Ocampo qui leur demandait d'inculper le président soudanais Omar El-Béchir de génocide, les magistrats de la Chambre préliminaire 1 de la Cour pénale internationale (CPI) ont apporté un formidable désaveu à tous ceux qui s'efforçaient de minimiser la tragédie du Darfour.
En une spectaculaire volte-face, l'Ouganda, qui venait de faire savoir qu'El-Béchir ne serait pas accepté sur son territoire lors du prochain sommet de l'Union africaine à Kampala, a finalement déclaré que le chef de l'Etat soudanais serait bien son invité lors de cette rencontre. Une fois de plus l'organisation panafricaine, que certains observateurs considèrent surtout comme un "syndicat d'intimidateurs", a obtenu d'un ses membres qu'il renonce à faire appliquer les décisions de la Cour pénale internationale. Elle préfère jouer la carte de l'impunité au détriment de la justice, prenant partie pour le bourreau et piétinant ainsi les victimes... africaines.
par Jacky Mamou, président du Collectif Urgence Darfour
Monsieur le Président de la République,
A l’occasion du prochain Sommet France-Afrique, le Collectif Urgence Darfour tient une nouvelle fois à attirer votre attention sur la situation au Soudan, et en particulier sur celle de la région du Darfour actuellement très préoccupante.
Le Collectif Urgence Darfour attend donc de cette rencontre entre chefs d’Etats et de gouvernements une prise de position et des engagements pour le retour de la démocratie au Soudan et de la paix au Darfour, ainsi que pour l’exécution des mandats d’arrêt internationaux lancés par la Cour pénale internationale (CPI) il y a maintenant trois ans déjà contre Ali Kouchayb et Ahmed Haroun, et en mars 2009 contre le chef de l'Etat soudanais.
Le Collectif Urgence Darfour demande à Bernard Kouchner de récuser la légitimité de la candidature d'Omar El Béchir aux élections présidentielles soudanaises.
CUD
Objet: le Collectif Urgence Darfour demande à Bernard Kouchner de récuser la légitimité de la candidature d'Omar El Béchir aux élections présidentielles soudanaises.
Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré le 28 janvier 2010 dans une tribune que « la France n’abandonne pas le Darfour », ce dont se félicite le Collectif Urgence Darfour.
Aujourd’hui, la protection des Darfouris passe en grande partie par l’action de la Cour pénale internationale, qui, ayant lancé, pour la première fois, un mandat d’arrêt contre un chef d’Etat en exercice, recherche le président soudanais pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Omar El Béchir a franchi une nouvelle étape en annonçant officiellement sa candidature aux prochaines élections présidentielles soudanaises prévues en avril 2010 alors que, depuis mars 2009, il se soustrait à la justice internationale et continue à expulser des organisations humanitaires qui permettent la survie de centaines de milliers de déplacés darfouris.
Le Collectif Urgence Darfour demande à la communauté internationale et en premier lieu aux Etats démocratiques et à la France, de refuser l’impunité et de condamner ce nouveau pied de nez à la justice internationale en faisant savoir qu’ils ne reconnaîtront pas l’éventuelle victoire électorale d'El-Béchir.
Jacky Mamou, Président du Collectif Urgence Darfour, déclare: "Lorsque Omar El Béchir sera jugé et si jamais il est innocenté, il pourra alors prétendre à être candidat. Aujourd’hui, il n’a montré que mépris pour la justice internationale et tente de se construire une nouvelle légitimité alors qu’il devrait être arrêté. Le Collectif Urgence Darfour demande à Bernard Kouchner de récuser la légitimité de la candidature d'Omar El Béchir aux prochaines élections présidentielles soudanaises et de proposer à l’Union européenne un refus commun de reconnaître comme possible président un homme inculpé par la CPI."